Admos dans Tendances: Les briques seules net suffisent plus

By mars 5, 2018News

La guerre des talents sur le marché de l’emploi se ressent aussi sur le segment des bureaux. En effet il est de plus en plus difficile d’attirer les meilleurs candidats avec des locaux qui sentent le moisi Les propriétaires se voient donc contraints d’investir lourdement dans leurs immeubles de bureaux En conséquence les agents immobiliers et les organisateurs d’espaces professionnels unissent leurs forces.

D’après Koen Nevens, qui dirige Cushman & Wakefield Belgique et Europe du Nord, le rachat d’ADMOS répond à l’évolution très marquée du marché des bureaux et de l’emploi. «Sous l’angle de l’immobilier classique, l’immeuble est toujours au cœur du projet: un bureau , c’est un immeuble de bureaux», explique-t-il. «Mais la réalité n’est plus si simple aujourd’hui. La notion de bureau ou d’espace de travail couvre un ensemble beaucoup plus large: du siège classique à l’espace de coworking, en passant par le hall d’hôtel ou le café Starbucks, sans oublier le bureau à domicile.»

Koen Nevens estime que cette large palette d’options proposées aux travailleurs engendre des conséquences inévitables sur les fonctions et l’aménagement de ce siège classique. Il constate que beaucoup d’entreprises ont désormais toutes les peines du monde à obtenir de leurs collaborateurs qu’ils soient présents régulièrement au bureau. Ainsi, le tien entre les travailleurs et leur entreprise est miné.

Anthony Shaikh, co-fondateur d’ADMOS, se réfère à cet égard à une étude menée par le bureau Gallup qui montre qu’environ 70% des travailleurs ne se sentent plus impliqués par leur entreprise. «C’est néfaste et l’entreprise se doit d’y remédier», affirme Anthony Shaikh. «Le cadre de travail est un outil fantastique pour stimuler cette implication.» «Mais c’est un métier à part entière», ajoute Koen Nevens. «Avec ADMOS, nous disposons à présent de cette expertise en interne».

Evolution fondamentale du marché

Les nouvelles technologies ont conduit à revoir en profondeur la fonctionnalité de l’espace professionnel. Les tablettes et les smartphones ont rendu les travailleurs beaucoup plus mobiles. Et grâce à la percée du cloud computing, cette tendance est appelée à perdurer. Comme le souligne Koen Nevens, il est désormais possible de travailler partout. En raison notamment de cette grande mobilité, le siège (parfois difficile d’accès) n’est plus forcément un choix privilégié pour de nombreux travailleurs. S’ils se présentent encore au bureau, c’est de plus en plus sou­ vent pour se concerter, partager des informations et mener des réflexions. Le travail de bureau évolue: passant de tâches essentiellement individuelles à davantage de collaboration, ce qui nécessite d’aménager et d’organiser les espaces autrement, avec des lieux de réunion (informels) plus nombreux et mains de bureaux individuels.

Sous l’effet du redressement économique et du départ à la retraite des baby-boomers, la guerre des talents se manifeste aussi sur le marché de l’immobilier professionnel. La bonne nouvelle pour le secteur est que les bureaux peuvent devenir un argument de recrutement. «Mais», précise Anthony Shaikh, «une jolie conception ne suffit pas. L’immeuble doit refléter les valeurs et l’état d’esprit de l’entreprise. Et le bien-être des collaborateurs est essentiel. La personne d’abord, l’immeuble après.»

Koen Nevens ajoute que l’arrivée de nouvelles générations sur le marché du travail renforce la pression sur les entreprises. «Cette tendance est très manifeste avec la Génération Y. Ces jeunes ne veulent pas d’un bureau triste où ils sont priés de se trou­ ver tous les jours de 9 à 17 heures. Ils veulent de la flexibilité, des espaces agréables où. ils peuvent aussi croiser des personnes extérieures à l’entreprise. Si votre entreprise ne répond pas à cette attente, elle rencontrera tôt ou tard des problèmes.»

lnvestir dans les services

Les propriétaires d’espaces de bureaux (inoccupés) peuvent de mains en mains se permettre de baisser les bras. «Nous sommes engagés par des propriétaires qui nous disent littéralement que leur immeuble est mort», rapporte Anthony Shaikh. «Aucune activité, aucune dynamique, aucun mètre carré en location, … . Les briques seules ne suffisent plus, constatent unanimement nos interlocuteurs. L’immeuble de bureaux qui a de l’avenir combine un environnement de travail inspirant avec une série de services. »

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